Bowie avait su le génial dans ce mutant. Klaus Nomi.
Ce mec m'a toujours fait vibrer. Un ovni, une voix improbable qui vous arrache les tripes, vous propulse loin, très loin...et vous rattache à la terre, si proche, si prégnante.
Mettre le son à fond et sentir une énergie sidérante, charnelle, quand le corps s'électrise. Un fixe à l'urgence des choses. Un spleen euphorisant. Non, beaucoup plus fort, encore plus violent que ça : un mélange de fureur de vie et de mélancolie extrême, où la douleur se lie à une puissance d'être indescriptible.
Une forme de peur et d'agressivité animale qui vous saisie à plein crocs.
Une bête traquée, écorchée vive, mue par un instinct d'immédiateté, qui fait vombrir le primitif en soi, arrache la peau pour mettre les chairs à nue et faire jaillir le palpitant.
C'est ce que je ressens quand ce mec chante pour moi. Parce que bien sûr il ne chante que pour moi. Vivez-le, désarmez-vous et vous comprendrez.