• Martèle  la mémoire. 3 heures, 4 heures, 5 heures la nuit. Dans le silence de mes draps.
    Et puis parfois à midi aussi.

    Pique la veine. Pique. Il reste une pièce de peau, là, ne vois-tu pas ?
    Morphine, ta belle chérie. Elles t'usent au sang tes petites chéries :.Cocaine, Héroine, Methadone, Morphine.  La voilà ta nouvelle concubine. Morphine. Tu cries, tu supplies : «  ne rentre pas, je ne veux pas que tu me vois comme ça ». Je fonce, petite crétine suffisante. La morale, je la connais moi. Les bons mots je les maîtrise, moi. Toujours été douée pour les grands discours  dégoulinants de bons sentiments, j'ai l'écoute rassurante.  La haine elle coule  sur  moi, elle se liquéfie.

    « Qu'est ce qu'elle fait cette autre  pute chez toi, celle qui bouge son cul pour les mecs  comme toi ?  Elle prend combien ? C'est ta femme ? Ok. Elle te suce gratos au moins ? »

    Ils défilent chez toi tes amis. Ils  restent jamais bien longtemps, pourquoi ? Explique-moi,  je décode pas. Moi je savais pas que les cochons ça bouffe  les macchabées, pfuit, disparus les os  et les dents. Contrat sans traces. Jambon purée, toujours arrière pensée. Shoot en pleine gueule.

    Qu'est ce que je fous là, c'est quoi ce film bordel ? Tout ici est tellement hors de moi, de ce que je suis, de ce qu'on m'a appris. A moi, on m'a appris que la vie est pleine de promesses, qu'il faut en jouir au-delà de ses saloperies. Ok, sale pedigree. Ok.  ton   père  toxico taulard, ta mère ex punk alcolo. Ton père, tu le hais, il aime te tabasser. Ta mère, elle est ce qu'elle est, avec ses roulées et ce môme qu'elle sait pas gérer. Il y a en qui naissent dans la merde, comme on dit. Et alors ? Le fumier,  ça part au lavage non ?

    Barrez-vous ! Vermine puante, barrez-vous d'ici ! Elles coulent mes larmes sur ce monde qu'on m'avait caché.

    Viens chez moi, on va  gérer ce genre de dégâts, viens, je t'emmène loin de ton cloaque à rats. Papa, maman, on va le sortir de là.
    Dans cette bagnole, tu trembles, tes veines explosent la faim. Tu veux encore qu'elle te baise ta concubine. Tu te vides, tu dégueules,  tu gicles la merde à travers les pores.Oui, tu crèves de froid, tes dents claquent, t'es tordu  sur le siège. J'ai mis « Supernature » de Cerrone,  je chante pour réchauffer ton froid.

    Papa, Maman, je  vous laisse pas le choix. Vous le connaissez ce p'tit gars là.

    T'as salopé les draps.  A ce qui parait, ça fait ça. A table, tu baisses les yeux devant mon père, le seul mec que t'aies  craint et respecté dans ta putain de vie. T'aurais voulu être son fils à mon père. Soudain t'en peux plus de ce froid qui monte en toi, de cette pute qui  te suce pas. Il faut que tu craches le mal. Le chien est là, à te gratter la main. Tu lui colles ton pied dans le ventre  et tu le flanques au mur. Il hurle,  il pleure mon chien, j'ai mal pour lui, mal pour toi, mal pour moi, pour nous tous là. Les  parents restent mués, dépassés, désarmés, figés dans l'impossible défi que je leur impose :   faire décrocher un junkie à la force de l'utopie.

    Tu m'as dit : «  il y a une règle, une seule : vendre mais jamais toucher ». T'as dérapé, mec. T'as tout niqué.  Fallait revoir ton business plan. T'as fauché ton stock. Jamais toucher tu disais. Faire son pognon, son blé, sa tune, son fric, mais jamais toucher. T'as pas géré. T'as sniffé  la ligne. Vite tu l'as dépassée.

    T'as commencé par quoi ? Ah oui, c'est vrai.  Des bouts de merde  sur un air d'ACDC. Les cours tu les séchais. De toute manière, les profs  pouvaient pas te blairer. Ils t'avaient testé, «  t'es un surdoué  », qu'ils disaient mais un putain d'enfoiré  qui voulait pas trimer. Après t'as dû enchaîner   les cachets et les petits buvards, ç'est comme ça que ça s'est passé ?

    Viens on se barre à Londres, on disparaît. Tu m'as dit : « Dans n'importe quel endroit je renouerai. C'est mon milieu, j'aime ça, j'en décrocherai jamais ».

    Silence. Un an ? Deux ans ? Trois ans ?
    Maman m'a appelé ce jour de juin : « il faut que je te parle de lui. J'ai acheté le journal aujourd'hui. ».  Stop. J'ai hurlé, les spasmes au corps, je te croyais crevé. C'était pire,  plus monstrueux encore. Enfer ici. 

    La Belle et la Bête qu'on aurait pu nous appeler : toi le paumé, moi la bien élevée, pas peu fière d'avoir apprivoisé la terreur du lycée. J'ai peur, je tremble, j'ai froid et toi ?
    Je te connais. C' est pas toi. Ce vieux, tu l'as pas buté, dis moi que c'est pas vrai, par pitié.

    Dix sept. Dix sept coups.

    Nos  quinze ans.   Je te vois, là, face à moi. On sirote des cocas dans ce petit bar  tranquille. Je glisse une pièce dans le juke box pour relancer pour la troisième fois ce titre de Queen : « Show must go on ».
    Nos  vingt cinq ans. Je te vois là,  en dehors de moi. Tu plonges la lame dix sept fois. Dix sept fois. Je l'ai répété, épelé, scandé, combien de fois ? Des dizaines, des centaines  de fois ?

    Dix sept  fois.

    On a presque trente ans. Je ne te vois pas, là-bas. Je ne te vois pas.

    Ta mère, elle pleure. Il y a longtemps, elle m'a appelée. Elle croit encore que je serai là pour te sauver, moi que tu as toujours aimé. Les hommes je  les aime mal, tu  sais.  Amis, c'est ce qu'on a été. Avant quand tu  déconnais je rappliquais. Tu sais, je suis fatiguée, je sais plus aider.  Hier j'ai pensé à toi. Avant-hier j'ai pensé à toi. Demain j'ai pensé à toi. Toujours martèle le cortex.
    Les gens comme moi me font bien rigoler, les  bien pensants, dégoulinants de bons sentiments, qui, parce qu'ils ont lu des livres débarquent avec leur code de moralité et leurs solutions toutes trouvées.

      « Tu viendras au procès ? » ; « Bien sûr, je serai là, tu peux compter sur moi. » Vas y, compte pour voir, sors ta Gold  et tapote mes grammes de courage. T'as rien à sniffer ? Vois la belle amie que je suis. Vois la fidèle complice qui te suit. Les lettres, elles pourrissent dans ma tête, moisissent dans mon tiroir. 

    « Tu sors quand ? Dis, tu sors quand ? ».  Dis-moi que je serai là parce que moi, je ne me crois plus.Tu vois, les belles leçons je les apprise, mais je sais plus les réciter.Tout ça  roule dans ma tête, la nuit, quand j'attends l'aurore, et  je tourne,  et je fais tourner.  Bad trip tu sais. On  dit toujours qu'on se laissera jamais tomber. C'est mauvais de jurer

    L'autre elle aussi, tu la connais,  pendant dix ans elle s'est faite baiser. Quand j'ai eu dix sept ans, elle a voulu me dépuceler : « Allez, prends un quart, juste un  quart ». Je vous emmerde avec vos putes de cachets. Moi je suis folle sans m'être jamais défoncée. J'aurais toujours des dents pour sourire à mon enterrement. Je me ferais pas bouffer pas les pores.

    Parfois, j'en vois, ils gobent, ils reniflent, ils mâchent. Ils te regardent d'un air supérieur, petits vantards so hype, so dirty, avec leurs pupilles dilatées. Toi   t'es qu'une nitouche pour eux, une putain de moralisatrice, t'es qu'une idiote car t'as jamais touché.

     Je l'ai eu mon trainspotting mon pote. Le trip de ma vie on me l'a offert : dix sept coups qui martèlent mon  cortex. Ca m'a à demi tuée.  Et ces flash-back d'acide, ils restent là.

      Fuck les concubines.


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  •  Hominisation faite par mes soins,  sur ma pomme,  à mon idée. Belle bête, non ?Ah non ? Ah non alors. Bon.

    Balbc, ma Valentine m'a perfidement invitée à vous conter « Si j'étais née garçon »!

    Si j'étais un mec, je voudrais être une royale  MPP ! Une Medaille Prise dans le Poil. Chemise ouverte, chaine en or qui brille ! ( je t'ai entendu  toi, là-bas au fond chantonner à la I Am !).
    Si j'étais un mec, je voudrais être un shooter de targets,  un vrai killer de poulettes !  Un champion du monde qui emballe la dinde sans avoir à casquer les marrons, le sourire ultra brite, le canine ravageuse, la tignasse à la Samson et Davina Dalida, et  l'œil myokymique !
    Vous jetez pas sur le Vidal, voici la minute Wikipédia :
    «  Une myokymie est une sorte de trémulation, tremblement, agitation quasi continuelle d'un muscle ne s'accompagnant pas de déplacement du membre ou d'une partie du membre concerné par la fasciculation »

    J'déconne.  Si j'étais un mec, je voudrais être une fille. Je voudrais pas être un mec, parce qu'un mec c'est obligé de passer à la casserole, ça  peut pas prétexter  le débarquement des Anglais ou le marteau piqueur dans le cervelet !
    Je voudrais pas être un mec, parce qu'un mec, ça a toujours des fourmis dans le bras, parce que sa poulette  s'en sert comme oreiller et verrouille la tête en bavant dessus. « Quoi ? Quoi ? Pourquoi t'as enlevé ton bras ?! Tu m'aimes pas, hein c'est ça ! Si tu m'aimes paasssss !! Ouinnnnnnnn !! ».  Alors le mec quand il aime vraiment, c'est une fourmilière qu'il a  à la place du bras.
    Je voudrais pas être un mec, parce qu'un mec, ça peut pas pousser des petits cris hystériques de canari sous ecsta devant la dernière Audi (  à la limite,  ça peut pisser de joie sur le parking) alors qu'une  poulette, ça   peut trop se rouler par terre et se jeter contre le papier peint devant le dernier gloss Lovamoor.
    Je voudrais pas être un mec, parce qu'un mec  ça  peut pas  camoufler le bouton qui tue, sinon on dit que c'est un  chouchou, alors qu'une fille,  ça peut sortir l'artillerie de guerre et passer pour une Diva.
    Je voudrais pas être un mec, parce qu'un mec, ça se tire les poils comme les filles. Sauf que des poils, ils en ont bien plus, et c'est déjà beaucoup plus survivor...Pool ! Et deux boulettes tartares  pour la treize, deux !
    Je voudrais pas être un mec, parce qu'un mec, c'est tellement sûr  d'être un mec que ça se fait rouler comme une barquette petit lu à la framboise par les poulettes.

    Allez, faites tourner, faites tourner : mesdames Aodai, Nina la Louve, La Guerrière et Dorothée,  vous pouvez prendre la corde au vol si ça vous chante et nous conter « Si j'étais née garçon ». 

    Bon, c'est pas tout ça mais faut que je trouve une fourmillière moi !

     Bouh !

     


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  •  ( Merci Fish pour tes photos)

    La nuit dernière, une pure soirée,  en plein Paris chez des amis, Bolu et Zack, deux extra-phénomènes. J'ai traîné le poisson par la queue, pardon, par la nageoire. (désolée, pas pu m'empêcher ! bouh !)Le bougrin ne voulait pas sortir de son bocal ! Finalement, à force de pleurs, de cris, de  roulés-boulés sur la moquette, triple salto arrière plus une menace de  suicide à l'apéricube, Damon Fishturn a daigné m'accompagner à cette Champagne Party.

    Magwann :« Allo ? »
    Damon :« Moui.. ( grommelant)
    Magwann  « Bon alors on se rencontre au Troisième lieu ! »
    Damon  « Dis-donc, c'est pas un rdv meetic hein ! On se « rencontre » pas, on se « voit » ! »
    Magwann  « Roo, Fish, je vais pas te sauter dessus, t'inquiète ! En revanche, t'as intérêt à arriver à l'heure parce que pour le coup c'est moi qui risque de servir de quatre heure BN !
    Damon  « ??.. »
    Magwann  « Ben le Troisième Lieu c'est un peu Lesboland si tu préfères, le repère  des  Ginettes armées ! »
    Damon  « Gremeuleumeuleu... t'es une grande malade »

    Ca commençait au poil à l'écaille ...cette soirée..

    Nous voilà donc attablés avec le poisson. Attention... (soyez très attentifs, ça va être rapide )  Action ! Ejectés des sièges par la serveuse en 24secondes chrono : « C'est réservé ! ».Pas de soucis, on s'arrache. La susceptibilité nous rassemble avec le poisson.Bar d'en face, en terrasse. Quelques grammes plus tard et délestés de plusieurs cigarettes ( Fishturn  et Magwann : tabac service, gardez le briquet), Fish manque de terminer en sushi enroulé dans sa feuille de salade des mers !( sisi,il le raconte très bien chez lui,). 

    Après avoir expérimenté le concept de la sardine en boite  dans l'ascenseur avec Mister Gilles, compagnon de voyage,  welcome to the party ! Le DJ pulse le son, la baignoire déborde de bouteilles, ça grouille de partout. Le poisson bouteille opère, distribuant les bulles aux rémoras de passage. Il plait aux gens le poisson, papillon, dos, brasse, crawl. Piqué ? Coulé ! Et il repart surfant sur la vague. Je l'ai même vu esquisser un pas de danse  maîtrisé ! Vérité vraie. Le Fish, il a passé son temps à se faire accoster, et pas que pour ses bouteilles.

    De belles et étonnantes rencontres.

    Focus : William, personnage pétillant, compositeur, musicien, chanteur. Tu sais, lui dis-je, Bolu m'a invitée à un de tes concerts il y a quinze jours, je regrette déjà de m'être désistée ! « Dimanche prochain, tu viens ! » me lance-t-il. Ok, j'y serai !

    Focus :  charmant Sasha, rayon de bonheur, monté sur alcalines,  le genre  Humain par excellence.

    Focus : Mister  P., collectionneur d'Art. Le Fish, après lui avoir  dithyrambiqué mes bouts de terre,  me ferme  une poignée de chips dans la main  et me balance « démerde toi maintenant ! ». Le Fish, j'ai eu envie d'en faire du pâté de sushi.( NB : j'ai donné ton numéro au cuistot japonais, héhé). Mister P. m'a dit : « On va  se voir, tu me montres ce que tu fais, tu n'as pas le choix ». Je faisais pas ma fiérode, flippée que je suis. J'ai eu beau lui dire que je n'avais jamais montré en vrai mes bricoles et je que je n'étais pas prête à le faire, Mister P m'a dit : « On s'en fout, tu me montres ce que tu fais et ensuite pour décompresser je veux que tu proposes un truc délirant, étonne-moi! ». Je me suis  retrouvée comme une rondelle de frite ! Fish & frite ! (dixit Sasha). Je lui ai répondu : «  Fais gaffe parce que moi je suis pas mal barrée tu sais ! ». «Vas y ! Balance moi ! Etonne-moi ! » qu'il me répond. Alors je lui ai proposé d'aller manger des ananas dans  les catacombes...Allo Sigmund ?

    Focus : Ce magnifique métisse, la veste turquoise, les cheveux en pétard, il a déposé des paillettes sur ses paupières. Il électrise. Par moments, il pousse le chant. Il me dit : « Bonsoir Marion Cotillard ». Président Mandor m'a déjà fait la réflexion. Ca m'amuse.

    Focus : Mister ? a bien plongé dans la bouteille, il sculpte. Il me prend le visage, le caresse du front jusqu'au menton, tout en me disant : « Je suis très tactile, j'ai besoin de toucher la matière ». Magwann, poly pocket. Il m'a fait le coup trois fois dans la soirée. Quand il a commencé à polypocketer  ma fesse, j'ai compris qu'il  voulait aussi  jouer au docteur et à l'infirmière...J'ai grondé et j'ai ramassé le jouet. Mêchante Magwann.

    Focus : Mister D. une fiction à lui tout seul. Suisse italien, il m'expliquera entre deux bouffées de cigarillo à la vanille, que pour occuper son état de rentier, il élève des Schipperke, petites bêtes qui ressemblent à des renards. Et puis il m'a montré sa jambe en aluminium, en toute simplicité !

    Focus : Et puis le grand retour de Ken Guacamole : Ken, Ken, Ken. Comment te dire ? Rien. On en a déjà parlé ici et puis dans la baignoire. Oui, tu danses avec moi. Rentre bien et prends soin.

    6H. Enroulée dans un drap blanc, je me suis écroulée dans le canapé avec Fish et Sasha. J'observe cette fille qui se trémousse dans  sa mini jupe en cuir noir, décolleté vertigineux et manches boléro. Beauté vulgaire fascinante.   

    Le Fish et moi on a fait la fermeture, on a ramassé les verres, bisou bisou aux hôteliers et direction l'After proposée par Gilles. Passage express au club, épuisés. Puis avec Fish, on s'est promené à l'aube, attendant l'ouverture des cafés. Orange pressée, café, croissants, instants magiques.
    Bises Damon Fishturn, tu m'as étonnée.


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  •  
    9h. L'incohérence d'un monde. Ok.

    J'ai pris le métro, des bulles plein la tête, épuisée, dans cet état doucereusement cotonneux qui suit généralement  les longues heures d'éveil.Un homme face à moi, la trentaine. Une dizaine de personnes dans le wagon, en ce dimanche matinal. Je m'assoupis, un sifflement pénible dans les oreilles. Je n'y prête pas vraiment attention, je suis simplement très fatiguée. Soudain, comme dans un rêve, la voix de l'homme face à moi s'élève : « Excusez-moi, pourriez arrêter de siffler s'il vous plait, c'est très pénible pour tout le monde ».

    Aussi sec, à quelques rangées de nous, un jeune homme se lève menaçant, en hurlant :,« Quoi !! Qu'est –ce que  t'as espèce de batard ! Tu demandes à un mec d'arrêter de siffler dans un lieu public ?? ! Mais t'es un taré toi ! Tu demandes à un mec d'arrêter de siffler dans un lieu public ! Je fais ce que je veux connard ! »
    L'autre homme lui répond, en haussant le ton : « Mais  attendez, ça agace tout le monde votre sifflement là ! »
    Le jeune homme gesticule, menaçant ! « Ah ouais ! ? T'es pas content connard, viens là je vais te mettre des tartes dans ta gueule ! ».
    Il continue à l'insulter, à vociférer tandis que l'homme assis en face de moi, surpris par cette violence n'arrive plus à rétorquer et pousse des soupirs d'incompréhension.

    A cet instant de l'altercation, je m'interroge : je suis partagée, car  même si effectivement ce sifflement était  très agaçant,  je ne trouve pas une réelle légitimité dans  la demande du mec en face de moi. Le jeune siffle et alors ? C'est plutôt sympathique.

    Seulement le jeune mec continue à crier de plus belle. Je me sens à mon tour agressée par autant de violence et instinctivement, sans un mot, je fais un geste de la main au jeune, « piano piano » pour lui demander de calmer le jeu.
    Mon geste qui se voulait apaisant déclenche un redoublement de violence de la part du jeune qui s'en prend désormais à moi. « Qu'est ce que t'as toi là-bas avec tes airs supérieurs !! Tu te prends pour qui conasse !! ?

    Je suis sanguine. La violence chez lui a déclenché la violence chez moi. J'ai  hurlé, complètement réveillée : « Oh !! tu vas te calmer !!! Tu me parles pas comme ça !!TOI, tu te prends pour qui ? T'es vraiment pas net de crier comme ça du matin dans le métro ! On est cool là, c'est dimanche,  alors tu te calmes direct ! »
    Et lui de me hurler de plus belle des conneries hystériques. Je commence à me lever, instinctivement, pour l'affronter, face à face, inconsciente, désinhibée par la fatigue Le mec continue à vociférer, sans que personne d'autre ne bronche. Pas un mot, pas un geste.
    Prêtant attention à ne pas utiliser des mots emprunts de vulgarité et  voulant sortir du tutoiement dans lequel il m'avait plongée, je lui hurle à nouveau, mot pour mot : « Monsieur, vous êtes un abruti fini ! Espèce d'imbécile ! ».Il descend à la station, toujours à force de cris et de gesticulations et nous balance : « Allez  votez Le Pen !!! »

    Je suis scotchée par tant de haine, de bêtise et d'incohérence. Je lui crie : « Mais c'est complètement incohérent ! C'est quoi le rapport avec Le Pen là ?!! ». Je me fais alors la réflexion que ce mec est typé maghrébin. Il descend en furie, tape au carreau derrière moi et crie au mec d'en face : «Toi t'es un  sale batard, enculé, connard va ! » puis me balance : «Et toi t'es une  sale pute !! Vas voter Le Pen connasse ! ». L'échappée courageuse de ce mec ne m'a pas laissée le temps de lui dire que c'est à cause de comportements comme le sien que des gens votent Le Pen.

     L'énergumène s'enfuit, les gens se lâchent enfin. Une femme  voilée me fait un sourire de connivence, perplexe, un black explose d'un  rire de pitié, se moquant de la bêtise du jeune mec, tout le monde commence à discuter, soupirer, rire. Le mec assis en face de moi, navré, ouvre les mains et me lâche un merci dans un sourire. On s'échange quelques mots.
    Je souris à mon tour, la pression est redescendue et je ferme les yeux, m'assoupissant quelques stations, tout en songeant à ma peau mate qui m'a parfois été reprochée.Un souffle me réveille. L'homme en face de moi a déposé un bisou sur mon oreille et me fait un signe de la main avant de sortir du wagon.

    Je suis allée voter aujourd'hui, heureuse d'avoir ma liberté de penser, indépendante des sursauts d'agressivité de certains phénomènes. Jeune homme, si j'ai bien compris tes insultes, tes recommandations politiques, quant- à elles, m'ont échappées. Et je sifflote sur la bétise.

    Musique clin d œil à Bolu, made by Etienne de Champfleury, ami de la Miss.


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  • Ou la pire soirée de ma vie ( parmi d'autres)

     

    Quand on a vingt ans, faire son entrée en boite, c'est pire qu'un concours canin, c'est le tuning du caniche. La cagole est au garde à vous, la croupe rebondie, la langue ramassée, le soupçon d'arrogance qui renvoie le basset et autre shitsu au panier !

    Avec ma pote Krys, on avait sorti l'artillerie lourde  un samedi soir à Toulouse.

    Alors nous voilà, les cagoles, croustillantes comme deux tartes, comme deux quiches, comme des banettes qui sortent du four,  les seins gonflés à l'hélium, le cervelet comprimé, paradant comme des Royales niniches.

     

    Et puis, cet instant qui a brisé nos carrières d'apprenties cagoles : le super DJ a pris son micro, a baissé le son et a hurlé, en toute simplicité : « ET VOILA LAURE SINCLAIR ET TABATHA CASH !!!».

     « Il parle pas de nous là ? Hein ! IL PARLE PAS DE NOUS ?!! Sisi...»

    Les cagoles,  ça fonctionne toujours comme les flopées de volatiles : synchrones, à la virgule. Alors allons-y, tournage  à 380 degrés...On reste digne s'il vous plait. Au regard des abrutis hilares qui nous fixaient, on pouvait dire que l' ADN dindesque matchait à 99,99 %, on  pouvait pas se tromper, le show, c'était bien nous...

    Top classe. Vraiment. TOP CLASSE.Je crois qu'il n y aura jamais assez de vocabulaire pour décrire cet insoutenable  moment de honte intégrale.
    Laure et Tabatha...(entre nous, si ma copine et moi on avait été gaulé comme des pornogirls, je chercherais pas un dindon dans mon  frigo !( comprendront les lecteurs assidus de mon bricbracbroc).

     Alors on a marché comme des dindes empalées sur leur broche jusqu'aux WC. Les filles, ça part toujours en délégation armée aux chiottes.
    Messieurs: vous qui êtes convaincus que les nanas refont la plomberie quand elles vont aux gogs, tellement ça dure, je vais lever le secret :

    • Une fille aux chiottes, ça remet son string en place, ça déboutonne le sky pour pouvoir respirer, parce qu'une fille sur la piste, ça rentre son  ventre et ça danse en apnée.
    • Une fille aux chiottes, ça retartine pour la dix septième fois sa bouche de gloss «  I am Forever a woman, touch me, touch me, I wanna feel your body » et puis ça  lovamoorise  ou ça loloferrarise devant la glace, c'est selon le modèle (celles qui lovamoorisent-lloferrarisent, en général, c'est du tuning).
    • Une fille aux  chiottes, ça passe au Wanted : vue de face, vue de profil, vue de l'autre profil, vue de derrière. Vue de face avec le twin set  ouvert, vue de profil avec le twin set ouvert,vue de l'autre profil avec le twin set ouvert, vue de derrière avec le twin set ouvert. Vue de  face avec le twin set fermé, vue de profil avec le twin set fermé, vue de l'autre profil avec le twin set fermé, vue de derrière avec le twin set ouvert. Une fois le contrôle technique terminé, la cagole demande une double expertise : vue de face par la copine, vue de profil par la copine, vue de l'autre profil par la copine, vue de derrière par la copine. Vue de face par la copine avec le twin set  ouvert, etc, etc. C'est exponentiel : plus il y a de copines, plus il y a d'expertises. Quand on a de l'expérience, on va aux chiottes avec une seule cagole, on gagne du temps.
    •  Une fille aux chiottes, ça repère les  cagoles de troisième choix ( les pas gâtées ) pour se rassurer. «  Ouais, d'accord,  c'est un modèle 83 mais, mais ses jantes sont molles ! Et pis t'as vu son coffre ? »
    •  Une fille aux chiottes, ça passe sans arrêt des contrôles techniques : « Ca me fait pas un gros cul, t'es sûre ? Nan, mais t'es sûre hein ?».Généralement, votre gros cul, il est venu avec vous, il a pas rétréci au vestiaire...Mais il y a toujours une amie cagole pour vous rassurer, même si  oui, le gras déborde du jean et plus que le sien. C'est pour ça qu'elle vous aime la copine et qu'elle sort avec vous.
    • Une fille aux chiottes, ça tapote énergiquement l'eau chaude du robinet dans le décolleté, des fois que les tétons pourraient pointer. « Oh ! Chuis trop dizailleurrrre » (desire on dit).
    • Une fille aux chiottes, ça passe au scanner intégral:
      « On voit pas mon string sous mon strench,  t'es sûre hein? »
      « Naaaaannnn ! J'te jure, on le voit pas ton string !!! »
      « Merde...fait chier... »
      ....
    • Une fille aux chiottes, ça va pas aux chiottes. Ou alors  pour vomir. Et accessoirement pour changer le timbre fiscal (  il y a douze timbres dans l'année, vous me suivez ?). Quand il n'y a plus de timbre  après une soirée collé-leché, la cagole  passe une annonce dans le journal départemental, pour trouver le postier. Ou les postiers...

    Ma pote Krys, c'est une cagole vintage comme on en fait plus,  avec la ceinture de sécurité, une vraie gentille.
    Donc nous revoilà, au sortir du contrôle technique,  Krys, Magwann et  Bruno. Ben oui, Bruno.
    Pendant  la révision au garage, Krys a fait dans le  Samu social et nous colle donc Bruno, maton, qui  vient de se faire opérer. D'ailleurs, à y regarder de plus près, plus rien ne dépasse sous la micro jupe en sky  et mis à part ses forceps de docker, ses épaules de bison  et sa voix de baryton  acidulée aux  gloups de pastilles la Vosgienne, Bruno est un chic type une chouette nana.
    Sauf que. Sauf que, on  l'avait  pas vu venir notre nouvel ami fidèle... Allez, c'est parti pour quatre heures de copinage clinique thérapeutique !

    A la fin de la soirée, on était incollable sur les injections d' hormones, l'ablation  de la pomme d'Adam, l'épilation intégrale, la greffe de cheveux sur les lobes frontaux, la réduction des maxillaires, l'implantation des prothèses mammaires, les joies du botox  et du collagène, le désossage de cotes...Après cette formation accélérée du Vidal par  Wikipedia, on est parti se trémousser.  
    Voilà donc nos trois cagoles qui dansent sur la piste, 5m 30 au moins de beautés fatales.

    Krys me tope l'épaule et gargouille avec ravissement : « Et, t'as vu, tout le monde nous mate ! »

    Ben tu m'étonnes qu'on nous MATAIT !!!! On  nous a pris  pour trois trav !!!!
     J' t'en foutrais du maton moi !!

    C'est la seule et unique fois où j'ai failli étrangler ma Cagole.
    On en rit encore.

    Bouh !


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